
À AgroParisTech, la veille informationnelle accompagne les activités d’enseignement et de recherche dans les domaines des sciences du vivant et de l’environnement. Au sein de la Direction de la documentation et du patrimoine culturel, la responsable du pôle veille et produits documentaires coordonne un dispositif de veille thématique diffusé via la plateforme Scoop.it. Elle revient ici sur l’organisation de cette veille collaborative, ses publics et les usages de l’outil au quotidien.
Pouvez-vous vous présenter ainsi que votre structure ?
AgroParisTech, l’Institut national des sciences et industries du vivant et de l’environnement, est un acteur majeur de l’enseignement supérieur et de la recherche. L’établissement occupe une place de référence au niveau international et travaille sur plusieurs grands enjeux du XXIᵉ siècle : nourrir les populations tout en gérant durablement les territoires, préserver les ressources naturelles, soutenir l’innovation et développer la bioéconomie. L’école bénéficie par ailleurs d’une forte reconnaissance académique, notamment à travers sa présence dans le classement de Shanghai.
Je m’appelle Aline ROUSIER, j’ai rejoint AgroParisTech en juillet 2025 en tant que responsable du pôle veille et produits documentaires au sein de la Direction de la documentation et du patrimoine culturel (DDPC). Cette direction a pour mission de mettre à disposition des services et des ressources de connaissance pour les étudiants, d’accompagner les enseignants-chercheurs dans leurs activités documentaires et de valoriser le patrimoine de l’établissement. Elle regroupe notamment les bibliothèques, le Musée du Vivant et le pôle image, qui contribue à préserver et diffuser l’histoire d’AgroParisTech, qui fête ses 200 ans en 2026.
Le principal campus est situé à Palaiseau, où se trouve une grande bibliothèque de 1000 m² accueillant environ 3000 étudiants. D’autres centres documentaires spécialisés existent également : à Nancy sur la forêt, à Montpellier sur l’eau, la télédétection et les forêts tropicales sèches, à Kourou en Guyane sur les forêts tropicales humides et à Clermont-Ferrand sur la gestion des territoires.
Dans ce contexte, je pilote le pôle veille et produits documentaires et gère la plateforme Scoop.it, utilisée pour organiser une veille collaborative à l’échelle du réseau de bibliothécaires – documentalistes.
Comment votre choix s’est-il porté sur Scoop.it ?
Scoop.it s’est imposé notamment grâce à sa base d’utilisateurs composée de nombreuses collectivités et établissements d’enseignement supérieur. Cela facilite le travail en réseau et la diffusion de l’information entre institutions.
La plateforme offre également une grande facilité d’utilisation, notamment pour la sélection et l’éditorialisation de contenus. Son interface est très intuitive, ce qui a fortement contribué au choix de l’outil. Enfin, la possibilité de générer des newsletters et d’intégrer les contenus dans des sites web permet de fluidifier la diffusion de la veille.
Comment êtes-vous organisés pour la curation de contenu ?
Je coordonne cinq veilleuses réparties sur différents sites et travaillant chacune sur des thématiques spécifiques. Au total, nous animons environ quatorze veilles thématiques.
- Alimentation Santé Environnement : Gestion des risques
- Ecosystèmes Tropicaux
- Environnement : Politiques Publiques et Stratégie
- Forêt, Bois, Milieux naturels : Interactions Enseignement supérieur – Organisations – Recherche
- Forêt, Bois, Milieux naturels : politique, législation et réglementation
- Forêt, Bois, Milieux naturels : sciences et techniques
- Gestion de l’eau
- InfoDoc – Information Scientifique Technique
- Innovation Agro-activités et Bio-industries
- Intelligence artificielle générative et pédagogie
- IPCI : Ingénierie de Produits à l’interface Cuisine-Industrie
- OPT – Eau Pour Tous – Water for all
- Territoires, transitions et innovations
- Télédétection veille IST INRAE & AgroParisTech
Historiquement, les services de veille ont été initiés au sein de différents campus avec une volonté stratégique de l’établissement. Plusieurs veilles ont été mises en place également pour des Mastères spécialisés.. Aujourd’hui, les thématiques couvrentl’ensemble des domaines de compétence de l’école, avec un niveau de spécialisation parfois important.
Pour certaines veilles, nous travaillons également en réseau avec d’autres institutions, notamment INRAE ou l’Institut Agro de Dijon, grâce aux possibilités de collaboration offertes par Scoop.it.
La répartition des thématiques s’appuie en grande partie sur les spécialisations de chaque campus. Par ailleurs, nous réalisons aussi des veilles ponctuelles à la demande d’enseignants-chercheurs pour soutenir certains enseignements. Les contenus peuvent ensuite être utilisés dans des cours ou servir de base à des débats avec les étudiants.
Enfin, chaque dossier de veille est associé à une newsletter. Cela permet de toucher différents publics : certains préfèrent consulter directement les dossiers en ligne, tandis que d’autres privilégient la réception d’une newsletter.
À qui s’adresse votre veille ? Quelle est votre audience principale ?
Notre premier public est constitué d’étudiants. La veille vient en soutien de leurs pratiques informationnelles et de leurs enseignements, ainsi que des services proposés par les bibliothèques.
Les veilles sont mises en avant dans les espaces de la bibliothèque et accessibles depuis le portail documentaire de l’établissement.
Notre second public est celui des enseignants-chercheurs. La veille leur permet de gagner du temps dans leur propre suivi de l’actualité scientifique et professionnelle. La valeur ajoutée réside notamment dans la sélection de sources fiables et qualifiées par des documentalistes.
Par ailleurs, nos topics sont accessibles au grand public. Nous avons récemment ajouté un bouton permettant de s’abonner aux newsletters, et certaines de nos veilles sont également suivies par d’autres utilisateurs de Scoop.it.
Quelles fonctionnalités de Scoop.it utilisez-vous ?
Nous utilisons principalement les fonctionnalités de recherche de contenu et de monitoring de sources pour repérer les informations pertinentes. Nous sommes également abonnés à des newsletters et à des alertes de bases de données scientifiques, puis nous centralisons toute la veille sur Scoop.it grâce à la bookmarklet.
Les dossiers de veille servent également à constituer des recherches documentaires ou des bibliographies thématiques. Certains dossiers sont créés ponctuellement pour répondre à des demandes spécifiques.
Quelles sont vos fonctionnalités préférées et pourquoi ?
La bookmarklet est particulièrement appréciée car elle permet de publier très rapidement un contenu sur la plateforme.
Nous utilisons également beaucoup la possibilité d’éditorialiser les publications et d’ajouter un “insight”, ce qui permet d’apporter un éclairage, de compléter l’information ou d’ajouter des liens complémentaires.
La création de newsletters est également une fonctionnalité très utile, les styles proposés permettant un gain de temps sur la lecture, tout comme les statistiques associées qui permettent de suivre l’audience.
Avez-vous observé des impacts depuis la mise en place de cette veille ?
La veille constitue avant tout un soutien aux activités pédagogiques et de recherche. Elle apporte également une valeur ajoutée aux responsables de structures et aux porteurs de projets, tout en constituant un outil d’aide à la décision pour le management scientifique et technique.
Nous disposons d’indicateurs chiffrés. En 2025, nous avons relayé environ 2800 informations et produit 96 livrables de veille. Nos veilles en ligne ont enregistré près de 500 000 visites, pour environ 332 000 visiteurs. Par ailleurs, 1600 personnes sont abonnées à nos newsletters.
Une enquête menée en 2023 montre également que 50 % des utilisateurs qui consultent nos veilles relaient à leur tour les informations. De plus, 84 % des étudiants abonnés ont exprimé le souhait de continuer à recevoir les newsletters après leur départ d’AgroParisTech. Ces résultats sont très encourageants.
Avez-vous mis en place des actions de promotion autour de vos veilles ?
L’enquête de 2023 avait révélé que près de 75 % des personnes ne connaissaient pas l’existence de nos veilles. À mon arrivée, j’ai donc souhaité mettre en place plusieurs actions de promotion.
Nous avons par exemple lancé une nouvelle newsletter dédiée à la veille sur l’intelligence artificielle générative et la pédagogie. Cela nous a permis de mobiliser différents relais de communication internes.
Une présentation de cette veille relayée par la newsletter de communication interne envoyée à l’ensemble du personnel et des étudiants, ainsi que la newsletter de la direction de la formation. Grâce à ces actions, le nombre d’abonnés à cette nouvelle newsletter est passé de 64 à 80 en deux mois.
Nous travaillons également à la refonte de la page « Veille informationnelle » sur le site d’AgroParisTech, afin d’y intégrer des liens vers chaque veille. Une plaquette de présentation est également en préparation : elle sera accessible en ligne, sur le portail InfoDoc, et affichée à l’entrée de la bibliothèque.
Enfin, j’encourage les collègues à recueillir les retours des commanditaires et à identifier les espaces de communication internes (réunions, newsletters, etc.) pour promouvoir leurs veilles.
Pouvez-vous résumer en quelques mots votre expérience avec Scoop.it ?
Scoop.it est un outil simple d’utilisation, visuel et très convivial. Il facilite la collaboration et permet de partager facilement des contenus entre collègues.
J’ai par exemple montré à certaines collègues comment proposer des contenus à d’autres documentalistes lorsqu’une information correspond davantage à la veille d’une autre personne. Cela favorise un travail collectif efficace.
Quel conseil donneriez-vous à une organisation qui envisage d’utiliser Scoop.it ?
Je conseillerais d’explorer pleinement les différentes fonctionnalités de la plateforme, notamment le monitoring de sources, la recherche de contenu et la bookmarklet. Ces outils permettent d’accéder à un large éventail de sources.
Il est également important de travailler l’éditorialisation des contenus: ajuster les images, ajouter des insights, des tags et soigner la présentation des topics et des newsletters.
La sélection de l’information reste évidemment la valeur principale du travail de veille. Mais le fait de diffuser ce travail dans une forme claire et attractive contribue aussi à valoriser le travail du veilleur.

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